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Théâtres
Théâtre
J'ai commencé le théâtre en 1979 à la suite d'un stage dans les Alpes. Le premier jour du stage, ma déconvenue fut totale : j'étais la seule stagiaire. Le professeur n'y était pour rien, mais... "Je ne peux pas rester, lui dis-je, je suis venue pour parler avec des gens". Il s'excusa d'abord de ne pouvoir m'offrir ce pour quoi j'étais là, puis, sans tarder, il me convainc surtout de faire tout de même le stage.
Quelques mois plus tard je démissionnai de mon poste d'institutrice pour faire, pensais-je, du théâtre. Ma foi inébranlable était loin de se douter du chemin de croix qui l'attendait.
Parler était alors une affaire
grave. Ecrire, il n'en était pas question. Presqu'il, mon premier texte, se composa ainsi d'une petite trentaine de lignes autour desquelles vibrionnaient des cris, des onomatopées, des claquements de lèvres. Mon seul vrai texte pour le théâtre, Les cris, est une sorte de répertoire. Ouvert en 1999, il ne s'est jamais refermé. Il comporte à ce jour un peu plus de deux cents cris.




Parution

Passage du témoin
Autour de Jean-Pierre Sarrazac
Études Théâtrales 56-57/2013


Passage du témoin

U. www.christinamirjol.com
E. contact@christinamirjol.com

© Christina Mirjol 2011
Mentions légales



Les Cris



Texte lauréat des Journées de Lyons des Auteurs de Théâtre, Les cris a suscité de multiples mises en espace et retenu l'attention de nombreux comités de lecture (la Comédie Française, le Festival Text'Avril au Théâtre de la Tête Noire, le Théâtre du Rond-Point, la Comédie de Saint-Etienne, avec une mise en lecture de Gilles Granouillet,  les Journées
de Lyon des Auteurs de Théâtre, avec une mise en lecture de Sylvie-Mongin Algan...)
Parmi les principales mises en scène :
Les Echappés, d'après Les cris, mise en scène Didier Ismard, Théâtre Darius Milhaud, Paris, 2007.
Les cris, chorégraphie et mise en scène Laure Daugé, Compagnie Solyterre, 2006
.
Les cris, création mondiale du texte dans son intégralité, Compagnie Les Trois-Huit, montage original et mise en scène de Sylvie Mongin-Algan, musique originale de Philippe Moënne-Loccoz, NTH8 de Lyon, 2004.
Les cris, lectures et mises en scène Christina Mirjol, Paris et Région parisienne, 2000-2001.








Les Cris














































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2004


Les cris



Dossier NTH8-1



Dossier NTH8-2


Dossier NTH8-3




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NTH8 LYON


Création Compagnie Les Trois-Huit
Texte
Christina Mirjol
Mise en scène Sylvie Mongin-Algan

avec
Vincent Bady
Anne de Boissy
Pierre-Jean Etienne
Valérie Leroux
Frédérique Mille
Guy Naigeon
Hélène Pierre

Musique originale Philippe Moënne-Loccoz
Musiciens clavéristes Véronique Dubin, Jean-Luc Simon
Scénographie et vidéo Patrick Bugeia
Costumes Christian Burle
Lumière Michel Paulet
Chargée de production Anne-Claire Font
Chargée de communication Marie-Emmanuelle Dubois-Pourchaire

Production
Les Trois-Huit
Co-production Théâtre de Roanne, MIA (Musiques Inventives d'Annecy), avec le soutien de la SPEDIDAM, des Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre, de la Ferme du Vinatier, de la Région Rhône-Alpes et du réseau des Villes
avec l'aide de l'Espace Culturel Gervaisien



DATES
du 22 au 31 janvier 2004

Notre création repose sur la mise en relation des 99 cris entendus ou imaginés par Christina Mirjol - écrivain - et l'intervention de Philippe Moënne-Loccoz - compositeur - en explorant des liens entre la voix humaine et la musique électro-acoutique. La mise en théâtre travaille au retour de l'écrit vers les cris. Elle fait entendre cet avant du mot, sa force primordiale, sa violence, et tout ce qui nous agite dans les interstices de la parole. Une oeuvre musicale interprétée en direct par 8 comédiens : quatre hommes, quatre femmes ; 2 musiciens clavéristes dans un théâtre où public et acteurs seront réunis autour d'un même espace, une boîte crânienne, caisse de résonnance de la musique et des mots.
(Extrait du dossier de presse)

Sylvie Mongin-Algan


  Lyon Poche                         Le Progrès                      Lyon Capitale
       Lyon Poche                       Le progrès                        Lyon Capitale
     Symbole Lire                                 Symbole Lire                                  Symbole Lire


















































Santiago
                   Santiago
              18 janvier 2004
              Concha Pino
                                        Symbole Lire
                                       

Vers
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2003

Cantiga Para Ja
Place de la révolution



Affiche Cantiga




Photo Cantiga Para Ja











Diaro de Noticias

                       Diario de Noticias
                 29 décembre 2003
                 Joao Fonseca
                                             Symbole Lire 







Création Companhia de Teatro de Braga
Texte
Jean-Pierre Sarrazac, Christina Mirjol
Traduction Alexandra Moreira da Silva
Mise en scène Jean-Pierre Sarrazac


avec
Diogo Doria
Carlos Feio
Joâo Melo
Silvia Ribeiro
Celso Parada
Elina Luaces
Rogerio Boane
Silvia Lima

Scénographie Claire Chavanne
Costumes Silvia Alves / Claire Chavanne
Lumière Patrick Chiozotto
Chorégraphie Né Barros
Création musicale Carlos Martin / Armando Teixeira
Conseillère artistique Helena Afonso
Peinture des murs Alberto Péssimo / Filipa Gonçalves / Nuno de Oliveira
Vidéastes Amarante Abramovici / Tiago Afonso
Assistante mise en scène Renata Portas
Graphisme  Carlos Sampaio
Photographe de scène Manuel Correia


Teatro de Academico de Coimbra
Capital Nacional da Cultura
29-30 décembre 2003
Teatro de Braga
Janvier 2004

Centro Dramatico Galego
Janvier 2004



Esquisse décor
                             Photo-montage pour la maquette du décor
 










Les cris - Rencontres théâtrales





Les cris - Les dix jours du théâtre




Les cris - Festival de Nangis










Les cris - Rencontres de Villenauxe-la-Petite


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2000-2001
 
Les cris



Photo Les cris
Toto, Thierry Rousse, Boris Gillot,
Raymond Deheras
, Joëlle Mezza,
Anne Fourniret-Longhini






Photo Les cris
Joëlle Mezza, Boris Gillot, Raymond Deheras





Photo Les cris
 Boris Gillot, Anne Fourniret-Longhini


Photo Les cris
 Boris Gillot, Raymond Deheras,
Anne Fourniret-Longhini, Thierry Rousse, Toto



Les cris - Festival de Villiers-sous-Grez






Création Compagnie Christina Mirjol
Texte et mise en scène
Christina Mirjol

avec

Raymond Dehéras
Anne Fourniret-
Longhini
Jean-Pierre Garnier
Boris Gillot
Joëlle Mezza (Maïté Bareyt, Catherine Baumier, Michèle Thuilliez)
Thierry Rousse
et
Le chien Toto

Scénographie Edmond Saffar
Lumière N-rick

"On rentre, on s'assoit sur des chaises, quelqu'un crie, un autre se lève, traverse, est rejoint au milieu, disparaît. Un autre crie assis. Celui-là crie longtemps. Cet autre là se tait. Les chaises sont chiffrées, disposées il faut dire dans une drôle de suite. Incompréhensible. Avec des gens assis. Nous. Le public. Une étrange d'assemblée. Des numéros en vrac. Quelqu'un sourit, et là, quelqu'un crie de nouveau, puis un énergumène qui depuis le début brandit nerveusement un livre à tout propos, jette au milieu des numéros. Derrière les portes, beaucoup de cris sont audibles, affirme-t-il tout à coup alors qu'on est assis sur les chaises, tranquilles ; dans la rue, dans les gares, et au bout de notre interminable couloir. Quand on ferme la porte, poursuit-il, le paillasson est dérangé. Sur ce, une multitude de cris s'amoncellent pêle-mêle  pendant qu'un chien  furieux, on ne sait pourquoi, au pied de sa chaise, aboie. Quelques 70 cris. Enfin, ça s'arrête là. Sans raison. Mais bon. C'est pas trop tôt !"
(Extrait du dossier de presse)

(C.M.)

Lectures et mises en scène Christina Mirjol, 2000-2001 :

La Comedia
, 14-15-16 décembre 2001

Les Dix jours du théâtre, Dammarie-lès-Lys, 20 mai 2001
Festival de Nangis, du 9 au 13 mai 2001
Les Rencontres de Villenauxe-la-Petite (Patrimoine et Culture en Bassée), Everly, 24 mars 2001
Expression libre, Villiers-sous-Grez, 3 février 2001
Lire en Fête,  Association Internationale Culture Sans Frontières, 14 octobre 2000
Les Rencontres théâtrales de Marne-la-Vallée, Ferme du Buisson, 9 mai 2000
Librairie Equipages, 12 mai 2000









Photo Les cris
 Jean-Pierre Garnier, Raymond Deheras


 

























Photo Je cours, j'ai tellement de hâte
         Jean-Pierre Garnier











Paris Boum Boum
                                          Symbole Lire




















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1993


Je cours, j'ai tellement de hâte

Affiche Je cours, j'ai tellement de hâte
   Photo © Thierry Gründler


Affiche Je cours, j'ai tellement de hâte



Photo Je cours, j'ai tellement de hâte
  Anna Held, Pierre-Marie Rochefort



Photo Je cours, j'ai tellement de hâte
 Anne Fourniret, Didier Ismard





Création Compagnie Christina Mirjol
Texte et mise en scène
Christina Mirjol

Prologue en images Thierry Gründler

avec
Marie de Bailliencourt
Anne Fourniret
Jean-Pierre Garnier
Anna Held
Didier Ismard
Pierre-Marie Rochefort

Décor, graphisme Ethel Buisson
Conception sonore, lumière N-rick
Attachée de production Laurence Faigenbaume
Attaché de presse Jean-François Capp

Production
Compagnie Christina Mirjol
en coréalisation avec le Théâtre Arcane
avec l'aide de l'Espace Culturel Gervaisien


Théâtre Arcane
Centre de Création Contemporaine
du 4 juin au 4 juillet 1993

Jusqu’où je me souviens d’avoir été petite et de ma mère ?
Jusqu’où ?
Ma mère… Pas devant… Derrière.
Le visage de ma mère incliné vers la terre.
Le corps penché.
Prêt à me rattraper si je tombe.
Jusqu’où je me souviens d’avoir été petite ?
À peine haute comme ses genoux.
Le monde à regarder, entier, entre ses jambes,
Et mon front collé au pan de sa jupe pour me cacher ?
Jusqu’où je me souviens, jusqu’où, de son sourire sans parole et de son indescriptible grâce que d’en bas je percevais dans les feuilles hautes des arbres en bordure de l’allée ?
Petite !
Je suis au jardin, je joue !
Ne joue pas trop loin, petite !
Dit ma mère dès l’instant où je la quitte.
Au jardin municipal, petite, je joue.
Dès l’instant où je quitte ses jambes, ma mère me suit. Penchée.
Pas devant…
Derrière.
Prête à me rattraper si je tombe.
Jusqu’où je me souviens d’avoir ramassé les feuilles mortes de l’allée, les cailloux ? Le corps instantané de ma mère, en état d’alerte, penché.
Dans le vide.
Jusqu’à presque tomber.
Sur le point de me ramasser.
Un rempart contre moi. Petite. Pour me protéger.
Pas devant.
Derrière.
Inquiète, ma mère, dès l’instant où je la quitte.
Ses bras en forme d’arceau. Son dos courbé…
Aucun angle.
Tout son corps… arrondi.
Souple comme un roseau.
Immobile. Et jamais au repos.
Souple, ma mère, dès lors que je la quitte.
Souple comme un roseau.
Une tige.
Souple comme un roseau qu’un souffle d’enfant brise.
Pliée.
Et prête à me saisir, ma mère, si mon pied sur un caillou glisse.

(Extrait du texte)

(C.M.)

Photo Je cours, j'ai tellement de hâte
  Anne Fourniret, Pierre-Marie Rochefort
 









Livre Premiers personnages du singulier



























































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1992

La lettre en souffrance d'un homme de peine

Photo Je cours, j'ai tellement de hâte
 Anne Fourniret, Françoise Loreau

"Mais à la fin : pas de livre ! On n'a
fait qu'écrire sur les déserts où la
solitude n'est plus vraiment la
solitude de quelqu'un, un nuage...
Les mots, une horde, une meute à
la fois trop hardie
et toujours
tremblante de chiens."

                                 Pierre Péju
      Vitesses pour traverser les jours

               LN/Maurice Nadeau, 1979



Photo Je cours, j'ai tellement de hâte
 Didier Ismard



Photo Je cours, j'ai tellement de hâte
 Les quatre maîtres, Thérèse Bourou,
 Anne Fourniret,
Anna Held, Didier Ismard













Création Compagnie Christina Mirjol
Texte Pierre Péju
Adaptation et mise en scène
Christina Mirjol

D'après la nouvelle de Pierre Péju, "La lettre en souffrance d'un homme de peine", in Premiers personnages du singulier (Editions Robert Laffont, 1984)

avec
Véronique Berrien
(la servante)
Thérèse Bourou
(la fille)
Anne Fourniret
(la grande dame)
Jean-Pierre Garnier
(Jean)
Anna Held
(la mère)
Didier Ismard
(le secrétaire)
Françoise Loreau
(Pierre)

Décor Ethel Buisson
Costumes Christina Mirjol
Lumière Christian Fourage (Moustier), N-rick (Arcane)
Son Marie-Hélène Comte
Maquillage Irène Loussou


Production
Compagnie Christina Mirjol, Le Moustier de Thorigny/sur/Marne, Conseil Régional de Seine et Marne
en coréalisation avec le Théâtre Arcane





Le Moustier
22 février 1992
Théâtre Arcane
du 30 mars au 19 avril 1992

"Père, enfin je t'écris... Longtemps, j'ai attendu une lettre de toi : plus facile de répondre, évidemment ! Et puis j'ai cessé d'attendre et dix, vingt fois j'ai commencé : Père, enfin, je t'écris, ça y est, tu devais te demander... Mais toujours ils m'interrompent !
Je prends la plume : Allez, moi le premier, me dis-je, et c'est lui qui répondra. C'est alors que la sonnerie se met à retentir avec violence : ils ont besoin de moi !"

(Extrait du texte)

Cette lettre au père, écrite sans illusion, depuis le fond lugubre d'un palais infernal, où Pierre est au service d'un maître invisible, sera-t-elle jamais envoyée ? La porte derrière laquelle le maître règne, ordonne, est jalousement gardée par quatre demi-maîtres impitoyables. Et le serviteur, humblement, sans relâche, sert. Il sert un pouvoir dont il ne verra jamais le visage, et sa lettre impalpable ne connaîtra jamais son vrai destinataire.
Le visage, lui, des quatre maîtres, n'a de cesse d'apparaître, de contraindre et de gesticuler dans un seul corps hideux :
La grande dame, en reine de la nuit, est puissante comme un cheval.
La mère, folle, égarée, rumine une rancune vieille de plusieurs siècles.
La fille, aussi belle d'apparence qu'au fond extrêmement laid, poursuit risiblement dans son petit miroir ses reflets grimaçants.
Le secrétaire
ne se sépare jamais de sa serviette et, tout en courbettes obséquieuses, se plie devant le corps soudé, tyrannique, des trois autres maîtres.
Tous les quatre sont vêtus de blanc, déguisements olympiens d'une atroce pureté, relique d'une splendeur perdue.
Dans ce sombre univers, seule la servante au crâne chauve irradie dans sa robe, comme une libellule voletant au-dessus d'un nuage de mousseline. Quant à Jean, qui est trop vieux, il doit céder sa place à ce jeune homme fringant qui se nomme Jean aussi, mais qu'on appellera Pierre, et mourir.
Cette mort silencieuse préfigure celle de Pierre qu'on pressent pitoyable et identiquement solitaire, sans nul autre témoin qu'un maître hypothétique et un groupe de quatre tyrans. Car, par un effet grotesque de routine implacable, les maîtres restent !


(Extrait du dossier de presse)

C. M.
 










Livre Susn



















































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1990


 Autour de Susn

Photo affiche Autour de Susn
 

 

Photo Autour de Susn
 
Françoise Loreau



Qu'il y eut soudain dans
notre travail cette fulgurance
énigmatique
d'une Susn devenue vase
n'est pas le fait du hasard.
Il est vrai que Susn
est pleine comme une outre
et que cette outre fuit.
Il y a chez Susn une économie
de la pure dépense,
de la perte pour rien.
Susn se vide.
Dès le premier tableau,
dans l'abjection de la confession,
jusqu'à l'étape ultime
qui la conduit au mutisme,
Susn se vide et, se vidant,
nous livre sa démesure.
Face à elle
l'écrivain Achternbusch
se met lui-même en scène
comme ennemi intime
de son personnage,
qu'il vide et mange
comme une oie de Noël.
(Extrait du dossier de presse)
                                         C. M.





Création Compagnie Christina Mirjol
Texte Herbert Achternbusch
Adaptation et mise en scène
Christina Mirjol

D'après Susn de Herbert Achternbusch

avec
dans le rôle de Susn
Véronique Berrien
Anne Fourniret
Anna Held
Françoise Loreau
Nadine Maillard

dans le rôle de Herbert
Jean-Pierre Garnier
Ami Hattab

Didier Ismard
Jean-Jacques Leibovici
Bertrand Moissenet

dans le rôle du curé et du plombier
Bertrand Moissenet


Espace Emergence
28-29-30 mai 1990


Autour de Susn est le résultat d'un stage sur Susn de Herbert Achternbusch pendant plusieurs mois. Dix acteurs - cinq Susn et cinq Herbert - furent ainsi réunis pour décortiquer le texte à partir de deux axes principaux de travail :
Susn ou l'exercice de la révolte
Susn ou l'expression du vide
D'une manière imprévisible, ce travail nous a menés vers une construction théâtrale d'une richesse inespérée, qu'il nous a semblé naturel de rendre publique. Trois représentations publiques au total furent ainsi données dans le lieu même de nos exercices - une salle d'exposition.

À maintes reprises, le travail de répétition poussa l'expérience infiniment plus loin que les prémisses de départ sur l'analyse du texte. Ainsi, fûmes-nous soudain saisis les uns et les autres par cette image sidérante d'une Susn devenue vase.


Photo Autour de Susn
 
Véronique Berrien






 























 




  "Presqu'il est une heure
  et
demie d'intelligence et
  de bonheur brut"


La Croix
   La Croix
  15 juillet 1988
  Emmanuelle Klausner
                                            Symbole Lire









  "Le travail du groupe CDM et
  de Christina Mirjol est plus que
  digne d'éloges : c'est un travail
  magnifique"

Panorama du médecin
   Panorama du médecin
  14 juin 1988
  Véronique Blin
                                           Symbole Lire

  















  "Un travail remarquable et 
   magnifique"


France Culture
 

  France Culture
  20 juin 1988
  Véronique Blin









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1988

Presqu'il



Semaine théâtrale du Bourget
1er prix

5ème semaine théâtrale du Bourget
Mai-juin 1988
      
                                                 Symbole Lire




Photo Presqu'il
 
Marie-Pascale Grenier, Frank Baruk



Photo Presqu'il
 
Marie-Pascale Grenier, Frank Baruk




Photo Presqu'il
 
Anna Held, Marie-Pascale Grenier



Photo Presqu'il
 Frank Baruk, Anna Held, Marie-Pascale Grenier





Photo Presqu'il
 Christina Mirjol, Marie-Pascale Grenier,
 Didier Ismard,
Anna Held, Frank Baruk




Photo Presqu'il
  Anna Held, Frank Baruk, Didier Ismard,
  Marie-Pascale Grenier






Création Groupe CDM (Cie Christina Mirjol)
Texte et mise en scène
Christina Mirjol

avec
Frank Baruk
Marie-Pascale Grenier
Anna Held
Didier Ismard
Christina Mirjol
 
Décor Christina Mirjol

Conception sonore
Christina Mirjol, Patrick Canepa
Lumière David Antore
Costume Malena





Comme si on se souvenait d'avoir été singe

La mémoire crée le lien. Ils s'en souviennent, eux, d'avoir marché à quatre pattes. Etrange société qui soudain se croit au théâtre comme chez elle : s'épouille, se lèche, se gratte, détrerre une fourmilière dans un coin du parquet, grimpe sur les fauteuils, et s'adonne aux joies du coït. Famille unie au demeurant. Chacun occupe sa place dans le groupe selon une solide hiérarchie. On crie, on se partage les femelles, on grogne, on s'affronte et on se soumet. Ces rituels de soumission au dominant maintiennent l'ordre tranquille et permettent à chacun de coexister en paix.



Photo Presqu'il  
                                    Didier Ismard
                       
                        




Du silence de Balthus aux figures de Giacometti

Tout homme aura peut-être pu constater à quel point il est simplement difficile d'être debout, à quel point cette verticalité donne le vertige. Ainsi se croisent des hommes et des femmes, silencieusement comme sur une toile de Baltus. Ils marchent dans la rue. Ces figures familières nous interpellent : une femme s'arrache de la gorge un cri silencieux et obsédant, hurle sa volonté de dire non, puis tombe exprès pour montrer à quel point elle résiste au monde. un homme, à l'aspect raide et filiforme, se balance au-dessus du vide, la tête lourde au bout de sa tige et comme posée en équilibre. Une femme joue à la marelle avec sa chaussure, elle est encore capable de sauter sur un pied, de jouer, d'être libre. Une autre ne sait pas où elle va, elle est avec sa valise, toujours sur le point de partir, ou d'arriver, elle-même est incapable de choisir. Un homme contemple le monde, tantôt avec étonnement, tantôt avec  dérision, indifférent au but. Pareils aux figures de Giacometti, ils marchent, ils marchent en solitaires, comme des hommes de la rue, mais qu'un tango à un moment donné, venu de très loin, rassemble.



Presqu'il

Il y a quelque chose d'inatteignable et de fragile dans le "presque" : un ballon accroché à une ficelle.
Presqu'il : pas tout à fait fini. Commencé quand ?

L'enfance est encore toute proche, qui peut s'en défendre ?
Ils s'en souviennent tous les cinq de la cantine de l'école maternelle, des épinards qu'on nous sert et qu'il faut manger parce que ça rend fort.
Le résultat est là : ça joue, ça pleure, ça ne veut pas manger...

"Non, non, je le veux pas le pépinard, il est pas bon, je veux le plousse, le pépinard il est pas bon, je veux le pampinousse"...
Ça pleure et puis ça rigole : "L'épinard c'est du caca", "on va mettre de l'épinard dans ton derrière"...

Ç
a rigole jusqu'aux larmes. Le souvenir des cinq adultes est intact, eux qui aujourd'hui s'échangent, il le faut, de toutes autres politesses :
"Le vert, précisément, de l'épinard, exacerbe, vous ne trouvez pas ?"

Retenue solennelle des hommes et des femmes comprimés dans les plis de leur costume qui s'enfamme à la moindre occasion, explose :
"Moi aussi j'ai été affalée comme ça, les jambes à la place des bras, la tête renversée, le ventre nu... Au premier qui m'a souri j'ai tendu ma bouche et je me suis fait rouler... Dire je t'aime est toujours une catastrophe. La saillie du mot m'a rendue exsangue, on peut fouiller mon corps il est vide."...
jusqu'à ce que chacun lâche prise et se rende, rassemblés de nouveau les uns contre les autres
dans une tiédeur primordiale, groupés dans un même chœur où chacun psalmodie sa vérité d'une voix aveugle et nue.

(Extrait du dossier de presse)

C. M.

    Dernière mise à jour Août 2017