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Les invitées
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Nouvelles
146 pages
ELP Éditeur, 2018                                            
Babelio
Les nouvelles de Christina Mirjol sont réunies en une thématique bien particulière : il s’agit de la mort ordinaire. On prend imperceptiblement connaissance, dans cette petite suite fulgurante de récits, d’une sorte d’appel aux morts feutré, délicat, lancinant mais dentellé. Tout se joue en douceur. La finesse tranquille et sans excès de l’inexorable. Pas d’éclat, pas de pétarade, pas d’ostentation (sauf peut-être dans un seul cas, cataclysmique, et encore… il faut voir). Il s’agit de traiter de la mort avec nous, la mort comme compagne de route, la petite mort. La mort, lente ou subite, qui s’invite sans avoir été invitée (noter ce mot) et qui, pourtant, ce faisant, ne surprend plus personne, depuis le temps… Tel est le thème récurrent, l’effet de caillou sautillant sur le lac, de texte en texte…

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Les invitées




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RENCONTRE
LECTURE DÉDICACE

22 août 2019

17h
Salle des fêtes de Carlucet

Sous le patronage de

Logo patrimoine Carlucet

l'Association de Défense du Patrimoine de Carlucet








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ÉCHOS
COMMENTAIRE

05 décembre 2018

ÉLP, le magazine
Écrire, Lire, Penser















































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Album Les invitées



Hélène Scholcht

Extrait

Hélène Schlocht
"Monsieur Alex n’a pas mangé son fruit, dit Hélène, il l’a regardé si longtemps, il m’a fait de la peine, il ne voulait plus le quitter.
Allons, allons, mademoiselle Schlocht, vous faîtes goutter votre linge sur le parquet, dit la surveillante ; faites vite enfin, et allez donc l’étendre sur le fil.
À quoi peut-elle rêver quand elle ne travaille pas, se murmurait Alex en observant de loin la petite Hélène Schlocht collée à sa bassine. Est-ce qu’elle rêve par exemple à quelque chose de grand ? De plus grand je veux dire qu’une armoire bien rangée ? Et donc, que pensait-elle ? Au fond, se disait-il, qu’y a-t-il dans sa tête qui sourit ? Elle remuait les lèvres devant la surveillante de façon si tranquille, si réjouie, semblait même entichée de sa propre lessive.
Il avait vu la scène depuis le réfectoire : il s’était attardé, avait somnolé sur une pomme qu’il n’avait pas mangée. Du temps avait passé depuis la fin du repas une demi-heure plus tôt ; la cantine était vide. Hélène Schlocht disparue, il se leva de table et sortit à son tour d’un pas songeur et lent.
Sa joie d’être servante était pour Alex une énigme.
Alex Lander note : la petite me rend joyeux.
Alex Lander suivait les menus va-et-vient de la petite Schlocht à l’hospice, et le soir, dans sa chambre, sur un coin de petite table, noircissait son cahier de remarques et de croquis.
Hélène Schlocht était née orpheline, avait écrit Lander de son écriture minuscule. Élevée parmi les Sœurs de la Foi à Haroué qui l’avaient accueillie dans leur orphelinat, celles-ci l’avaient placée à l’hospice Sainte-Odile où Hélène se chargeait de servir les repas, du jardin, et le reste du temps des lessives.
L’insuffisance de sa vie prend ici une tournure particulièrement tragique, car la vie d’Hélène Schlocht, en soi élémentaire, est également très courte. Elle mourut brutalement dans sa vingtième année. Son cœur s’est arrêté.
Le matin du même jour, on pouvait lire ceci parmi les petites notes de Lander : La petite Hélène Schlocht, qui était si joyeuse, si innocente et bonne, s’est éteinte aujourd’hui.
Puis un blanc de trois lignes.
Puis l’esquisse d’un bouquet.
Puis : L’église de Saint-Pierre était pleine. Chemin de la Basse Taye au cimetière, la petite a rejoint le carré des indigents."

Dernière mise à jour avril 2019