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Les cris
Les cris
théâtre-récit
159 pages
Editions du Laquet, col. Parole en page, Martel, 1999

99 cris entendus ou imaginés - des cris poussés par des personnages les plus divers, une femme au téléphone, un chien, un écrivain, un soldat, un bûcheron qui traversent l'espace comme une scène - des cris le plus souvent brefs, isolés, visant et repérant nos plus tragiques travers et qui sont motivés par l'injustice, l'intolérance, la peur, la rage, par la nécessité de vivre, d'exister, par une certaine soif ou faim, par un secret désespoir ou une incompréhension.

Parution

Passage du témoin
Autour de Jean-Pierre Sarrazac
Études Théâtrales 56-57/2013

Passage du témoin

Christina Mirjol sait admirablement aimer et se moquer de ses contemporains. Ses histoires et ses cris sont ceux de chacun ; ils empruntent une voix douce, cruelle où la malice n'est jamais loin. Elle se joue avec allégresse des mots et des situations, nous laissant découvrir l'absurde ou l'incongru de notre quotidien. Ces cris pourront être joués, lus à haute voix, tantôt émue, tantôt moqueuse.
99 cris pour provoquer le vôtre... Quand à Christina Mirjol, elle ne saurait pas dire quand pour elle cesseront ses cris.

Editions du Laquet (4ème de couverture)
LES CRIS

ECHOS


Echos


AGENDA THEATRE

22-31 janvier 2004
Création mondiale Au NTH8 de Lyon par la Compagnie Les Trois-huit
Mise en scène de Sylvie Mongon-Algan



20 mars 1999
15h
Signature Les cris (Editions du Laquet
Stand Editions du laquet
Salon du livre
Porte de Versailles - Paris


Télérama Salon du livre


11 décembre 1998
Les cris
est sélectionné aux Journées d'auteurs
Théâtre des Célestins, Lyon


Journées d'auteurs
Dossier de presse

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U. www.christinamirjol.com
E.  contact@christinamirjol.com

© Christina Mirjol 2011
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Une polyphonie

Les Cris est mon premier texte publié. Il s'agit d'un ensemble polyphonique qui comporte 99 fragments. D'autres cris ont paru depuis dans des revues, mais beaucoup sont encore inédits. Il en existe actuellement plus de 200.
Ces textes numérotés font entendre des voix au fil d'une collection qui se veut illimitée. Ces "cris" mettent en action des personnages qui parlent et qui ne font que cela : parler. La parole est ainsi la seule action des "cris". Quant à l’espace, il n’en est jamais question.
Ce qui donne unité à la cohorte des personnages c'est, je pense, leur humanité. Je l'espère en tout cas. Ces existences habitent près de chez nous. Nous les croisons tous les jours. Moi-même je les côtoie, je les entends ou je les imagine, puis je les collecte.
Le parler fonde la forme de ces textes fortement oralisés, lesquels puisent leur matière dans le quotidien et son apparente platitude. Ces "cris", entendus ou imaginés, sont en réalité des voix. Ce sont ces voix qui stimulent ces écrits et qui d'ailleurs les fondent entièrement. Celles-ci représentent avant tout des appels anonymes, qui, par leur brièveté et leur profération dans l’instant enchâssent des pans de vie.
Mais qui parle à qui ? Rien ne semble être plus sujet à caution que cette parole circulaire et sans cesse relayée qui semble n'avoir ni début ni fin, qui reste mystérieusement solitaire, et dont on ne connaît pas du tout le destinataire.

Programme Journées d'auteurs
Affiche

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Extraits

Cri n°52 

Gisèle

J'arrive dans le métro. Je m'assois. Sur le quai d'en face, je me vois debout dans une image : c'est moi. Je fais une tarte avec de la farine Francine. J'ai les mains pétries de farine, empoissées dans un plat. La tarte flotte au-dessus de moi, finie, comme une auréole sur ma tête. Autour de la table, des enfants tendent vers moi leurs petits bras gourmands. Je souris comme une vierge. Je veux joindre mes mains, mais mes mains empêtrées dans le plat ne bougent pas. Tout à coup je saute de l'image sur le banc et me mets à tricoter frénétiquement des pull-overs en tas. Je croise et décroise les aiguilles sur une pelote interminable et blanche qui s'enroule aux pieds d'un usager et le fait tomber. Mes bras sur les aiguilles s'articulent comme des bras de mouche, lesquels se métamorphosent en couteaux qui s'aiguisent en hachoir, en moulinette, en roues de locomotive. Le métro arrive. Je monte. Je pense à ma société d'import-export de produits surgelés où je travaille depuis douze ans.
(Extrait p. 100)


Cri n°53
 

Gisèle au bureau

J'arrive au bureau. Je m'assois. Mon patron m'appelle au téléphone. Allô ! Gisèle, apportez-moi le dossier Frites. Je suis debout face aux dossiers suspendus devant la lettre F. Frites n'y est pas. Il y a Farines, Fenouil, Flageolets, Flans, Fraises, Framboises, Galettes. Frites depuis douze ans est après Framboises, mais Frites n'est pas là et après Framboises il y a Galettes. De l'autre côté de Farines il y a Escargots. Frites a disparu, un dossier énorme, beaucoup de marques, il n'est plus là. Je demande : quelqu'un a pris le dossier Frites ? Non. Personne. Le dossier Frites c'est moi qui m'en occupe. Principalement. Alors, Gisèle, ce dossier ? Qu'est-ce que vous attendez ? crie le patron (il s'est déplacé exprès, sa tête impatiente est dans la porte). Je cherche, Monsieur, je ne le trouve pas. Il n'est pas là. Je ne le vois nulle part. Débrouillez-vous ! Je veux le dossier Frites avant dix heures, j'ai rendez-vous avec Findus. Findus est là. Pas de dossier. Le patron dit : Gisèle, vous passerez dans mon bureau tout à l'heure. Je continue de chercher le dossier Frites toute la matinée, il est introuvable. Findus s'en va, je passe dans le bureau du patron. Gisèle, vous connaissez l'alphabet ? Oui, Monsieur. Tachez dorénavant de vous assurer que les dossiers sont à leur place, car vous pourriez bien perdre la vôtre. Oui, Monsieur. J'ai retrouvé le dossier Frites à 17h30. Il s'était glissé à l'intérieur de Pizza qui lui-même était à la place de Tartes, je ne sais pas pourquoi.
(Extrait p. 101)

Cri n°115

Un  promeneur effondré

Je sors de bonne humeur pour une courte promenade et croise sur la route une toute petite fille. Celle-ci, à peine sept ans, porte un imperméable (râpé, beaucoup trop grand), d’où dépassent des chaussures en plastique misérables. Il se met à pleuvoir ; je m’abrite sous un arbre mais escortant des yeux les pas de la fillette j'éprouve mystérieusement une certaine honte. La voyant s’éloigner je reste démuni devant la volonté de l’enfant qui avance, malgré la pluie, le vent, l’étendue de la route. Le déplacement têtu de ses tout petits pieds brouille aussitôt mon âme, laquelle sombre à la vue de ses socquettes trempées. Un chagrin inconnu me serre soudain la gorge et je reste sur la route, longtemps, à sangloter.

(publié dans Le nouveau recueil - n° 63, sous le titre "Un souvenant")

Cri n°116

Une petite fille en pleurs, secouée de sanglots, qu’un vieil homme à ses pieds écoute démuni

Pourquoi tu pleures ?

J’ai vu un paysan qui battait son cheval.
(Inédit)




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    Dernière mise à jour Août 2017