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La fin des paysages
La fin des paysages
Récit polyphonique
126 pages
Editions du Laquet, Martel, 2001

On raconte qu'un homme, sorti de sa maison, abandonne un livre puis descend la colline, sans se retourner. Reste la femme. La femme qui n'a pas de nom, qui se tient à son tour devant la pente raide et la terrible absence comme devant les ténèbres. Cet abandon brutal, qui entraîne dans sa chute la maison, c'est la figure de l'homme qui est lui-même tombé, a déserté la terre et tous ses habitants. Or on comprend aussi par la bouche de la femme que l'écrivain lui-même questionnait dans son livre l'inéluctable fin de la terre et des hommes.

Parution

Passage du témoin
Autour de Jean-Pierre Sarrazac
Études Théâtrales 56-57/2013

Passage du témoin

U. www.christinamirjol.com
E.  contact@christinamirjol.com

© Christina Mirjol 2011
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Tel avance le récit dans cette boucle - plus fermée et plus noire qu'un obscur labyrinthe - où la femme proclame la fin des paysages, tandis qu'en arrière-plan une polyphonie macabre, sans corps et sans visages, confirme calmement l'absence de territoires, l'opacité du monde et l'effacement fatal et progressif de l'autre.


Editions du Laquet (4ème de couverture)



Maison en feu




La maison brûle
Premiers mots

Quelqu'un s'approche 
pour parler, puis, alors qu'il ajuste ses lunettes sur son visage vieux et sort de sa poche un petit livre usé, une grande lassitude commande à ses mains de lâcher prise au livre, et, quittant la place où il s'était hissé, il part semble-t-il sans regret, et ne revient plus.

Quelqu'un qui a pris le livre proclame le livre faux. Un autre qu'il est atteint d'une trop grande usure pour que quiconque le lise. Quelqu'un dit avoir lu le livre quand il était petit et s'en souvenir, mais, fait inexplicable, n’en veut dire aucun mot. Un autre à sa fenêtre, un matin, l'a vu passer entre ses mains comme un météore. Tout le monde reconnaît avoir au moins une fois entendu quelqu'un parler directement ou indirectement du livre. Ce qui revient le plus souvent dans le souvenir des gens, c'est : sur un banc. Quelqu'un prétend que le livre aurait eu des images, mais un autre aussitôt le dément formellement. Un autre, que ces images étaient pour certains invisibles et pour d'autres éclatantes. Un autre qu'il est absurde d'imaginer qu'un tel livre pût avoir été illustré d'une quelconque image. Un autre reconnaît que le livre n'avait nullement besoin d'images pour être compris de tous. Quelqu'un dit pourtant solennellement que les images du livre étaient pour qui savait les voir des merveilles, et un autre qu'un livre sans images est naturellement illisible aujourd'hui. La plupart cependant n'entendent pas "image" dans des dimensions communes et n'ont pas d'avis. Un dernier dit : le livre n'avait pas d'images. Et il ajoute aussi : il n'avait pas de mots non plus. Le livre n'avait rien du tout ; c'est pourquoi tous l'avaient oublié.



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      Dernière mise à jour Août 2017