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Dernières lueurs
Dernières lueurs
Roman
185 pages
Mercure de France, 2008


Le docteur n'y croit pas. Et puis, il fait semblant, dit Micheline.
"Vous êtes folle, il me dit. Mais après tout, oui, il me dit, vous avez raison, il me dit. Puisque ça va en somme, vous êtes plutôt bien ces temps-ci."

"Et puis, comment mourir, enfin, sans être allée une fois, puisque c’est mon rêve, dit Micheline, dans les îles Lofoten ? Au Spitzberg ? Comment mourir, docteur, sans avoir parcouru l’interminable façade déchiquetée des fjords ?"
Puisque c’est mon rêve, dit Micheline.

Parution

Passage du témoin
Autour de Jean-Pierre Sarrazac
Études Théâtrales 56-57/2013

Passage du témoin


U. www.christinamirjol.com
E. contact@christinamirjol.com

© Christina Mirjol 2011
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Ce projet de voyage vers le Grand Nord, Micheline, qui a maintenant plus de quatre-vingts ans, l’a conçu de longue date. Mais elle le fera seule, car son mari Joseph est trop fatigué pour l’accompagner. La valise est bouclée, le départ imminent : Micheline s’imagine déjà sur le pont du bateau, elle s’est projetée maintes fois vers cette croisière magnifique, par avance éblouie par les paysages et les uniformes des membres de l’équipage. Mais l’embarquement rêvé aura-t-il jamais lieu… Le récit de Christina Mirjol plonge au plus profond de l’âme humaine avec force et lucidité.

Mercure de France ("quatrième" de couverture)


Bateau
ECHOS

Echos


RENCONTRES


20 février 2009

19h30
Lecture/signature Dernières lueurs (Mercure de France)
Cercle de lecture animé par Corinne Tartare
Château de Maffliers (Val d'Oise)

8 janvier 2009
19h30
Recontres littéraires à la Terrasse de Gutenberg.
Lecture/signature Dernières lueurs (Mercure de France)
Suzanne ou le récit de la honte (Mercure de France)
Les cris (Editions du Laquet)
Livres présentés et commentés par Carole Zalberg

Librairie La Terrasse de Gutenberg
9, rue Emilio Castelar - 75012- Paris

La Terrasse de Gutenberg
http://www.carolezalberg.com/actu/
christina-mirjol-collectionneuse/

J'ai écrit ce roman
...

à partir des dernières heures de la vie de ma mère. En réalité ces dernières heures ne sont reproduites que dans les toutes dernières pages du récit ; tout le reste - de loin la part la plus importante - est pour ainsi dire rêvé.
Pour autant, je n'ai rien inventé.
Hormis les épisodes décousus et hallucinés, la fragmentation de la temporalité
et la trame générale chronologiquement resserrée, tous les faits sont réels, ou plutôt tous les faits ont un fond de vérité.
Le fait le plus étrange est que ma mère, quelques semaines avant sa mort, avait projeté de faire une croisière dans le nord de la Norvège, voyage qui représentait pour elle le rêve de sa vie. Elle avait acheté deux places, une pour elle et une pour moi car elle voulait m’emmener. Puis, du jour au lendemain, elle n’a plus du tout voulu entendre parler de ce voyage, et était même très angoissée par le seul fait d’y avoir songé.
Après ce renoncement, elle vécut quelques semaines dans un état de souffrance et de crainte épuisantes, atrocement démunie, jusqu'à sa mort brutale qui fit la fit taire en un instant. Elle venait de me confier qu'elle ne connaissait pas de douleur plus affreuse que celle qu'elle ressentait depuis cette dernière heure.
Ce passage fulgurant de la vie à la mort me sembla dans l'instant prodigieusement
absurde. L'arrêt instantané de ce corps si vivant me semblait aberrant, la fixité soudaine de ma mère inconcevable. L'effet dura des heures, des heures pendant lesquelles je sondais ses yeux vides, ses yeux vides d'expression et horriblement calmes, dans l'attente pétrifiée et puérile qu'ils s'animent et que ses lèvres parlent.


Comme la photo est belle...


Dernières lueurs

...celle qui illustre Dernières lueurs sur le bandeau. Mon éditeur, le Mercure de France, fait de très beaux livres. Le papier, l'impression, le façonnage, les caractères, les encres...  Le livre m'attend 26 rue de Condé : je vois le titre rouge, mon nom qui le précède sur la couverture bleue. C'est mon livre.  J'avais donné quelques mois auparavant une centaine de photocopies au format A4, écrites en Times New Roman sous Windows XP.  La distance entre ces feuillets et mon livre est considérable. Je ressens une vague panique devant l'impression définitive des premiers mots, leur empreinte inviolable et comme privée de voix. Quelques mois auparavant ils couraient, ils couraient, couraient fébrilement derrière le corps sans vie et fabuleusement sonore de ma mère qui venait de mourir.







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    Dernière mise à jour Août 2017